Wednesday, June 21, 2006

Biko 2 Reversible Face

Oh putain.

Je sais que vous raffolez de mes introductions raffinnées, de mon style élégant, de la manière subtile avec laquelle je manie la langue française. Oui, je sais que vous m'aimez. La preuve, certains d'entre vous vont même jusqu'a lacher des commentaires sur mes glorieux et insignifiants et articles.

Mais c'est un homme faible qui vous parle aujourd'hui. Un homme qui vient d'affronter la douleur, l'humiliation, en même temps que la stupeur et l'effroi.

Pardonne moi, blog. J'ai échoué.

C'est en faisant un détour sur mobygames et en cliquant sur "random game" comme un taré en ayant l'espoir de découvrir un ou deux titres idiots que je l'ai vu. Biko 2 reversible face.

J'ignorais qu'il y'avait un Biko 1.

Et ce jeu il avait l'air exceptionnel : une note moyenne de 0.8 sur 5, et surtout, une description qui me plaisait a mort : "stalking simulation". Savez vous ce qu'est un Stalker ? Non ce n'est pas qu'un jeu très en retard. Il va falloir que je vous donne un petit cours de culture japonaise.

Les japonais sont des pervers, tout le monde le sait. Leurs "magasins de cul" sont remplis de DVDs étranges, ou le salary man moyen peut, en cachette, acheter un DVD de nanas mélangeant moules et sangsues, ou en train de se faire couper les
cheveux chez le coiffeur. Oui, le japonais n'est pas comme nous. Et bien, un stalker, c'est quelqu'un dont le trip est de suivre les nanas dans la rue (et, si possible, de les prendre en photo). Oui, y'en a qui font ça aussi chez nous, mais la bas, c'est un vrai phénomène de société.

J'ai donc installé Biko 2. Par curiosité professionnelle. Et je n'ai pu hélas, y jouer que pendant quelques minutes. Car les PCs des japonais eux aussi, ne sont pas comme nous, et le bazar plante systématiquement au bout d'un quart d'heure, quand j'ai de la chance.

Et c'est dommage, car le jeu était tout bonnement exceptionnel.

Ca commence par une phase où l'on voyait une nana se trémousser derriere plein de lumieres. On attend. Il ne se passe rien. Au bout de 3 minutes d'ennui, j'ai essayé de cliquer partout et il s'est passé un truc. Visiblement, l'affichage 2D au dessus de la 3D a été codé avec les pieds.















(vous n'avez aucune idée de la niaiserie de cette scène)

S'ensuit une petite phase d'aventure/QCM ou on ne comprend rien, puisque c'est en japonais. On remarque cependant que le personnage a une grosse touffe de cheveux devant les yeux, et qu'on ne voit donc jamais ceux ci. Le signe de la honte, surement. Il est possible que ce personnage ne veuille pas être reconnu afin de ne pas compromette sa carrière dans d'autres jeux vidéos.

Vient alors la phase de stalking proprement dite : comment suivre une nana la nuit dans la rue, sans se faire repérer ?

Et bien c'est du grand art.

Tout d'abord, on controle son personnage a la souris. Dans une vue a la 3eme personne, il faut amener le pointeur vers un des bords de l'écran et cliquer pour faire avancer le personnage dans la direction voulue. Peut être que les japonais trouvent ce
style de controle très naturel. Nous autres occidentaux, on aurait tendance a décrire ça comme "nul a chier". A moins que le jeu soit, en fait, une situation de Stalker bourré.














(le héros mystérieux...)

En haut a droite de l'écran, on a une barre qui monte et descend. Quand elle est a zéro, vous êtes "trop loin" de votre cible, donc vous perdez. Le probleme, c'est que trop loin, c'est 10 mètres. Votre cible doit donc etre, de maniere optimale, a moins de 5 metres de vous. Vous lui collez donc littéralement au cul, et bien sur la pauvre petite fille innocente, qui ignore tout de la vie, et ne se doute de rien.

SAUF SI....

a cause du systeme de controle, vous avez le malheur de shooter malcontreusement dans une canette de coca qui traine par terre. A ce moment la, la nana se rend compte de votre présence et vous êtes mort. Le but du jeu consiste donc a suivre
une nana dans la rue en évitant les canettes de coca au sol (seuls obstacles que j'ai rencontré en un quart d'heure de jeu). Fascinant.


Je n'ai pas réussi a suivre cette fille jusque chez elle. Comme dit plus haut, le jeu plante sans arrêt. Et c'est bien dommage, parce que d'après Mobygames, si je réussissais, j'avais droit a une scène de "viol interactif". Wow. Franchement les gars de Prison Tycoon ont encore bien des choses a apprendre (quoiqu'il serait capable de nous pondre un dating/hentai game en milieu carcéral, ça, ce serait concept!)














(un jour elle deviendra mienne... oh oui...)

Ces soucis techniques m'ont rendu triste. Mais en écrivant ce message j'ai parlé du jeu a un ami Otaku. Bizarrement, il connaissait. Et il m'a meme informé qu'il y'avait aussi un "Biko 3", j'ai donc tapé ça sur eMule et oh joie ! Il y est ! En plus, il y a un patch anglais ! Je vous ferai donc part bientot de mes impressions plus profondes sur cette version, probablement sublimement améliorée...

Thursday, June 08, 2006

La politique, c'est fun.

Je ne le répeterai jamais assez, j'ai fait Sciences Po. Certes, je me suis allégrement foutre dehors au bout de deux ans, mais tout de même. La politique, c'est ma Grande Passion. Pendant que ces incultes de jeuxvideo.com et Gamekult s'affrontent a grands coups de fautes d'orthographe sur le thème de la guerre des consoles, moi je m'excite régulierement a suivre le duel Nico/Ségo , très très excitant la aussi.

J'ai une autre passion : les ordinateurs Thomson, qui m'ont sauvagement dépucelé le Joystick alors que je ne devais avoir que deux ou trois ans.

Il arrive un moment ou en a envie de concilier deux passions. De n'en faire qu'une. Concilier la Politique avec le Rétropudding sur Thomson. Thomson, putain, LA machine des jeux en basic ! Et pas n'importe quel basic, les gars, du Basic Pur, du vrai, du basic MICROSOFT !

Puisque je suis un homme, un vrai (un gamer quoi), je vous propose ici un méga dossier sur pas moins de CINQ jeux consacré a la Rétropolitique. Vous y apprendrez, si vous ne le savez pas déjà, que l'anglais est notre ennemi héréditaire, et qu'ils ont une façon bien différente de nous de voir la politique, oulah oui.


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VOTEZ POUR MOI
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Qu'est ce qu'on fait quand on veut faire un jeu vidéo et qu'on est tanche en
programmation, en plein milieu des années 80s ? On fait un jeu de gestion en basic. Vous en verrez régulierement sur ce blog, vous verrez, c'est exceptionnel.





(un bout du Listing, du travail de pro)

On rigole moins quand on voit que c'est Coktel Vision qui fait ça. J'ai un souvenir terrible de Coktel Vision et de son extraterrestre Adi dont on m'infligeait régulierement la présence pour optimiser ma carrière scolaire. Avant "Adi vous apprend la vie", on a donc eu droit a "Microsoft Basic vous apprend la politique". Certes, j'extrapole.















En fond sonore de cet écran titre, la marseillaise, jouée sur une voix. Notez, c'est très important, le sous titre "Jeu de Simulation" . Ca fait penser un peu au "Ceci est une fiction, tout les personnages sont fictifs" des téléfilms américains. Mais ici, on s'adrese au joueur. Nous autres y sommes habitués aujourd'hui, mais probablement Coktel Vision souhaitait anticiper d'éventuels troubles psychologiques de gens qui se croyaient véritablement président de la république après avoir joué a ce jeu. Car oui, "Votez pour moi" est une simulation de président. Oui, c'est donc mensonger.

Le jeu nous propose ensuite de choisir votre camp. Gauche, droite ? C'est pire que ça, "Socissos ou démocratos ?" . Visiblement, la aussi EA avait raflé l'exclusivité de la ligue.

De toute façon on s'en fout, ca ne fait aucune différence, ce qui témoigne du réalisme de la simulation.

Le jeu se déroule en deux temps : 1. Bilan 2. Faire des trucs.


La phase de Bilan vous rappelle les évenements marquant de l'année écoulée, qui sont toujours les suivants :
*Forte Croissance aux USA
*Peu de chomeurs en France (un logiciel qui fait presque preuve de témoignage historique)
*Hausse du prix du pétrole.








Ici, le jeu a bugué, puisque pour une très rare fois le pétrole a baissé.



Et la... Oh mon dieu, de l'interaction ! Pas de panique, ce ne sont rien d'autres que trois autres écrans de bilans. Et qu'est ce que vous croyez ? On est pas la pour s'amuser, la politique c'est pas LOL.

*Etat Général vous indique le pourcentage des gens contents/pas contents. C'est effecitvement tout ce qui compte en politique.
*"Sondages" vous montrent une répartition de l'opinion selon les catégories sociales. C'est très très étonnant en début de partie, puisqu'on voit que votre camp ne dépasse jamais les 10%, et que l'autre camp non plus, alors que vous avez 60% de "satisfait". "Votez pour moi" et donc un jeu ou on est élu avec 10% des voix mais où la majorité est contente quand même.
*Les Résultats Economiques, qui ne servent a rien.

Que peut faire un président ? Et bien il peut modifier les budgets. Allez, mettons ca en conformation avec mes convictions personnels. Sucrons le budget social, coupons les burnes aux agriculteurs, et aidons les entreprises et l'exportation. Mais comme c'est en basic et qu'on modifie les jauges avec gauche et droite, ca prend 3 ans. Oui, comme en vrai. A notez que vous pouvez faire n'importe quoi, vous ne serez jamais en déficit, endetté, ni quoi que ce soit. Non, trop d'interventionnisme ca fait juste de l'inflation. Et l'inflation on s'en fout. "Votez pour moi", un jeu de gauche.

Du coté des mesures gouvernementales, on peut opter pour un blocage des prix ou des salaires (nom de dieu ! quelle époque!), une modification des taux d'intéret (et tout le monde sait que personne ne comprend rien a la politique monétaire), taxer les importations (pour empécher les MSX de concurrencer Thomson), et arreter l'immigration.

Voyons ce qui se passe si on libére les prix et les salaires. Une experience qui serait politiquement interessante dans la vraie vie, car elle foutrait un bordel pas possible.

Ok, des gens pas contents. Mais qu'est ce qui se passe quand on regarde l'évolution ? On perd -3% en voix, et l'indice de santé économique du pays est en progression. Ca n'a pas du choquer le game designer de voir qu'on ne perdait que 3% de voix en supprimant totalement les aides sociales et en bloquant les salaires, tout en augmentant le P.I.B . Votez Pour Moi, un jeu de droite.

















Mais abordons la phase la plus curieuse du gameplay de cet étrange titre : le débat. Nom de dieu, une simulation de débat en BASIC... Vous êtes a gauche, le méchant lui, il est a droite. Quand le méchant parle, vous pouvez l'interrompre, rire, ou demander un rensignement. Quel genre de renseignement ? On en sait rien. C'est toujours très bien vu de demander des renseignements sur son pays a l'opposition en tout cas. Si vous interrompez votre adversaire, le jeu vous redonne la main. Mais une demi seconde plus tard, le méchant la reprend, et vous ne pouvez rien faire. Il arrive ainsi régulierement que le débat se déroule sans que vous puissez dire quoi que ce soit. Et qu'est ce qu'il se passe quand vous parlez ? Vous pouvez adopter n'importe quel ton (y compris "Violent"), votre "blabla" ne servira a rien, puisque quoi qu'il arrive, le président que vous êtes perdra le débat face a l'opposition. Votez pour moi, un jeu populiste.

Au bout de 7 ans, le jeu décide si vous allez êtres réelu ou non. A titre d'indication, avec le genre de politique que j'ai mené, sur 2 parties, j'ai été réelu au premier tour avec 60%. Et la, tout est dit.

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MON GENERAL
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(attention au général sudaméricain rose)

Alors avec un titre pareil, on pouvait s'attendre a une simulation de Charles de Gaulle. Et bien non, a la place, on a droit a une simulation de dictateur sud américain, genre Augusto Pinochet ou Ugo Chavez.

Et la aussi, ca pue le basic a 30 kilometres a la ronde.


Par contre, du point de vue du gameplay, on a droit a un truc un peu mieux : un simulateur de budget de dictateur. Vous autres, qui suivez avec attention les débats relatifs a l'élaboration
et au vote du budget, et bien vous allez pouvoir vous en donner a coeur joie !

Concretement, ca se passe comment ?


Le jeu commence par vous demander combien d'années vous voulez rester au pouvoir. Comme vous le constatez, on ne se fait pas chier du tout, dans ces pays là.




Ensuite, vous avez droit a de beaux écrans en mode texte : allez vous dépenser votre thune en armée (hommes, tanks, etc), acheter des hectares de terre, construire des usines (hors de prix : votre pays n'a au départ de quoi que construire que 5 usines a tout péter), le mettre dans l'éducation ?















(On arrive rien a lire, je sais, mais au moins vous avez votre imagination)

Il y a plein de "ministères" dans lesquels dépensez votre thune : résultat, impossible de savoir qui fait exactement quoi. Impossible de savoir a quoi servent "les loisirs" en dictature par exemple (surement a organiser les executions dans les stades). Le but du jeu est donc le suivant : dépenser sa thune en esperant que dans le tour suivant on en aura un peu plus que dans les tours précédent.

Ca n'arrive jamais.

En plus, 1 tour sur deux, on vous déclarera la guerre et on vous foutra sur la gueule. N'esperez pas gagner la non plus.









Enfin, au bout d'un tour ou deux, votre second vous foutra en prison et prendra le pouvoir pour cause de "déficit" ou de "pas content", quoique vous fassiez, le jeu trouvera une raison de vous faire perdre, ne vous inquiétez pas. Voila, merde, on avait presque l'impression d'avoir eu affaire a un bon jeu. La réalisation est sympatoche, et vous aurez droit a des magnifiques illustrations avec le général Alcazar (de maniere completement illégale du point de vue de la propriété intellectuelle) et au thème de la cucaracha qui revient régulierement (ainsi que d'autres beauferies qu'il était de bon temps a une époque d'ajouter a son klaxon). Le seul intéret
du jeu est je suppose, le jeu a plusieurs en hotseat, puisque la au moins, tout le monde est aussi mal barré que vous au départ.



(Non.)

Passons a une autre machine : le ZX Spectrum

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Yes, Prime Minister
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Les anglais ils ont la classe. C'est pour ça qu'aucune des simulations politiques qu'on va voir ici n'a été écrite en basic. Mais vous allez voir, en plus contrairement la ou en France ou politique rime avec "chiant" (je sais ca rime pas), outre manche, les simulations politiques sont completement barrés.

Ca veut pas dire qu'elles sont bien.














(Votre bureau, une interface somme toute rigolote)

Yes Prime Minister est une simulation de Premier Ministre donc, mais c'est aussi une adaptation d'une série anglaise réputée être très drole. Et c'est vrai que le jeu, qui se présente sous la forme d'un jeu d'aventure semi textuel. En gros vous êtes dans votre bureau, et vous vous faites chier a lire des mémos et aller a vos réunions.













Dans ces réunions, on parle politique, mais la ou ca devient extremement bizarre, c'est que c'est a vous de finir les phrases des gens. On joue le role de plusieurs personnages donc, et résultat, on ne sait pas du tout ou on va dans la conversation. Si certaines répliques sont amusantes, ca reste de la politique ou on se fait chier a supporter des manifs de féministes ou a décider de l'endroit d'un construction de réacteurs nucléaires.

A la fin, vous perdez.


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FLUNKY & Spitting Image
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Je vais pas m'étendre excessivement sur ces deux jeux, mais il faut que je les mentione pour que vous sachiez que ces deux titres existent.

Flunky est un simulateur de majordome de famille royale britannique. Y'a des gens que ca éclate. Concretement, on se déplace dans des écrans qui font justement 1/10 de l'écran ca rame quand meme et on remplit des objectifs super excitants comme "allumer la cheminée", ou "retrouver le canard en plastique de Harry/la perruque de Lady Di". Parfois, un garde royal vous flingue dans le hall. On ne sait pas pourquoi.
















Flunky, l'anti Urbz













Ronald Reagan contre Mme Tchatcher

Spitting image est un jeu ou on controle Margaret Tchatcher qui distribue des gnons, une sorte de celebrity deathmatch/street fighter de la politique internationale de l'époque, sauf que, CPC oblige, on ne reconnait plus personne.

Un jeu sympa, a la réalisation correcte, en dépit d'une maniabilité scandaleuse... L'ancêtre de Celebrity Deathmatch sur PSX. Oui, c'est pas une référence. Et bien justement...